D'UN NATURALISTE. 233 flots de l'incertitude, puisque notre capitaine plus occupé de son plaisir que de son devoir, ayant négligé de prendre hauteur avec exactitude, ne connoissoit plus le véritable point. Nous vîmes l'oiseau appelé par les marins le corsaire. Il annonce les attérages; ce qui doubla l'inquiétude de nos mauvais pilotes, qui ne se croyoient point aussi près de terre. Mercredi a janvier, la nuit fut orageuse, et les éclairs répétés embrâsoient l'horizon ; cependant la mer étoit calme, et nous n'eûmes que de la chaleur. Le matin, nous avions aperçu près de notre bord un cachalot (i) de quarante pieds environ. Jeudi 3 janvier, jamais le lever du soleil n'offrit un spectacle plus imposant. Les couleurs riches et brillantes des nuages amoncelés vers l'horizon, décoroieut de ses plus beaux vêtemens l'aurore renaissante. Dans le lointain, une cou- ronne de nuages où l'on vovoit le beau jaune cuivré , le rouge d'airain marbré, et bordé de bleu noir jaspé , enrichissait ce tableau ra- vissant. Pour disque du centre de la couronne, on remarquoit un ciel d'un beau bleu uniforme et sans tache, que les couleurs foncées envi- (i) C'est le plus grand célacé, après la baleine du Groenland.